Pendant plusieurs années, l’assurance-vie a dû composer avec un environnement peu favorable aux fonds en euros.
Des taux très faibles, puis le retour brutal de l’inflation et la remontée de la rémunération des produits d’épargne réglementée ont poussé certains épargnants vers des placements plus liquides et immédiatement lisibles.
Mais la situation évolue.
En 2025, l’assurance-vie hors épargne retraite a enregistré 44 milliards d’euros de collecte nette, son niveau le plus élevé depuis le début de la série suivie par l’ACPR en 2011. Et cette dynamique s’est poursuivie début 2026 : au premier trimestre, la collecte nette a atteint 19,9 milliards d’euros, contre 13,3 milliards un an auparavant.
L’assurance-vie est-elle donc en train de retrouver une place centrale dans l’épargne des Français ?
Les taux ont changé la donne
La remontée des taux d’intérêt a d’abord favorisé les produits d’épargne à court terme.
Mais elle bénéficie progressivement aussi aux assureurs.
Les fonds en euros sont majoritairement investis dans des actifs obligataires. Lorsque les taux remontent, les assureurs peuvent progressivement renouveler leurs portefeuilles avec des obligations offrant de meilleurs rendements.
La Banque de France constate ainsi une amélioration du rendement des portefeuilles d’investissement des assureurs, qui soutient la revalorisation des contrats d’assurance-vie.
Le mécanisme n’est pas instantané : les portefeuilles sont constitués d’actifs achetés à différentes périodes. Mais à mesure que les anciennes obligations arrivent à échéance, de nouveaux titres mieux rémunérés peuvent prendre leur place.
Cette évolution redonne progressivement de l’intérêt aux fonds en euros.
Le retour des fonds en euros est particulièrement révélateur
Pendant cinq années consécutives, les supports en euros avaient enregistré une décollecte nette.
En 2025, la tendance s’est inversée.
La collecte nette des fonds euros est redevenue positive, tandis que les unités de compte ont continué à attirer l’essentiel des nouveaux flux.
Le mouvement s’est encore renforcé au premier trimestre 2026 : les fonds euros ont enregistré 5,9 milliards d’euros de collecte nette, contre seulement 0,5 milliard environ un an auparavant.
Ce retour est important.
Il montre que l’assurance-vie ne séduit pas uniquement les épargnants prêts à accepter davantage de risque via les unités de compte. Son compartiment sécurisé retrouve lui aussi de l’attractivité.
Une concurrence entre placements qui évolue
L’environnement de l’épargne reste néanmoins très concurrentiel.
En juin 2026, la rémunération moyenne des dépôts des ménages était d’environ 1,22 %. Les nouveaux dépôts à terme peuvent offrir davantage, mais ils ne proposent pas les mêmes caractéristiques qu’un contrat d’assurance-vie.
L’assurance-vie conserve plusieurs atouts structurels : diversification des supports, possibilité d’arbitrer entre fonds euros et unités de compte, horizon de placement long et cadre fiscal spécifique.
Elle ne répond donc pas exactement au même besoin qu’un livret ou qu’un dépôt à terme.
La vraie question pour l’épargnant n’est plus forcément de savoir quel produit affiche le taux le plus élevé aujourd’hui, mais quel support correspond le mieux à son horizon et à ses objectifs patrimoniaux.
Les épargnants recommencent à arbitrer
Les données de la Banque de France montrent également une évolution dans la répartition de l’épargne.
Au premier trimestre 2026, les flux vers l’assurance-vie en euros sont restés bien orientés tandis que les ménages ont réduit certains placements en dépôts à vue et en épargne réglementée. Les premières données disponibles pour le deuxième trimestre montrent également des placements en assurance-vie toujours dynamiques.
Il serait excessif d’en conclure que les Français abandonnent les livrets.
Mais après plusieurs années où la liquidité et les taux réglementés dominaient largement les arbitrages, l’épargne longue semble retrouver une place plus importante.
L’assurance-vie doit néanmoins convaincre au-delà du rendement
Le rendement ne suffira pas à lui seul à garantir durablement ce retour.
Les attentes ont évolué.
Les épargnants veulent davantage de visibilité sur leurs placements, des parcours plus simples et un accès rapide aux informations concernant leurs contrats.
Ils peuvent contacter leur assureur pour un versement, un rachat, une modification de bénéficiaire, un arbitrage ou simplement une question sur leur contrat.
Plus la collecte augmente, plus ces interactions deviennent importantes pour les assureurs.
C’est ici qu’un acteur comme Miralia peut intervenir naturellement : comprendre et qualifier les messages critiques reçus par les équipes, puis les orienter vers le traitement adapté.
L’attractivité d’un produit financier ne repose pas seulement sur son rendement. Elle dépend aussi de la qualité de l’expérience proposée lorsqu’un client a besoin de son assureur.
Un retour durable ?
Les chiffres récents montrent clairement une nouvelle dynamique.
La Banque de France considère d’ailleurs que l’amélioration de la rémunération des contrats a contribué à renforcer leur attractivité et à porter la collecte nette à un niveau historiquement élevé.
Cela ne signifie pas pour autant que l’assurance-vie retrouve automatiquement la situation qui était la sienne il y a quinze ans.
Le marché de l’épargne est devenu plus concurrentiel, les épargnants comparent davantage les solutions et les attentes en matière de disponibilité et de transparence ont évolué.
Mais l’environnement actuel offre aux assureurs une opportunité importante : réconcilier rendement, sécurité, diversification et qualité de service.
Après avoir été challengée par la hausse des taux, l’assurance-vie pourrait finalement devenir l’un des produits qui en profite le plus sur le long terme.